Après l’effort, le réconfort ? Premières expériences chiliennes

Notre séjour au Pérou touchant à sa fin, nous décidons de poursuivre notre aventure du côté du Chili. Mais comme les frontières terrestres sont encore fermées, nous sommes contraints d’y entrer par voie aérienne et réservons donc un vol Lima-Santiago. La capitale chilienne sera de plus notre point de rencontre avec notre quatrième Rider avant de débuter notre route en direction de la Patagonie.

A Lima, les dernières heures avant d’embarquer ne sont pas de tout repos: préparation des cartons à vélos, tests PCR, empaquetage de toutes nos affaires… Pour ne rien arranger, nous n’aurons droit qu’à quelques heures de sommeil avant de prendre la route vers l’aéroport, notre vol étant au petit matin. Et comme si cela ne suffisait pas, les Riders se font réveiller en sursaut à 1h30 du matin:

C’était quoi ça ? s’étonne Maxime les yeux collés mais bien secoué.

Une seconde secousse permet de répondre à cette interrogation: un tremblement de terre non loin de la capitale péruvienne aura réussi à raccourcir encore davantage la nuit des Riders, qui vivent là leur premier tremblement de terre sur sol sud-américain. Quelques instants plus tard, à 3h du matin, il est temps de se lever et d’embarquer pour l’aéroport. Une fois sur place, c’est la douche froide: au check-in de notre vol JetSmart, nos cartons à vélos sont trop lourds et nous devons nous acquitter d’une surtaxe pour cet excès de poids… l’histoire se répète et comme à Madrid, nous passons à la caisse avec un brin d’amertume. Décidément, vélo et avion ne font pas bon ménage. Arrivés à Santiago, nous entamons un parcours du combattant afin de passer le protocole Covid-19 destiné à tout nouvel arrivant sur sol chilien. Entre autres, un nouveau test PCR est effectué, et nous devons rester en isolement jusqu’à l’obtention d’un résultat négatif de ce dernier. N’étant pas séduits par l’idée de payer un hôtel afin d’y passer notre période d’isolement, nous décidons de rester à l’aéroport dans l’attente du résultat. Cela nous permet d’économiser au moins une nuit d’hôtel. C’est aux alentours de 21h30 que le résultat négatif nous parvient, et au vu de cette heure tardive, nous décidons de passer la nuit à l’aéroport et de se mettre en route le lendemain de bonne heure. Nous inspectons tous les recoins du hall des départs afin de trouver un endroit calme pour y gonfler nos matelas et y passer la nuit. 

Test PCR avant d’embarquer, toujours aussi agréable ! À Lima, ces tests peuvent se faire à domicile !
Notre lieu choisi pour passer la nuit à l’aéroport de Santiago. Maxime et Maëlick y testent la dureté du sol avant de s’empresser de gonfler leur matelas.

Le lendemain matin, malgré un sommeil peu réparateur, nous sommes impatients à l’idée de remonter sur nos vélos et d’entamer notre découverte du Chili. Nous nous débarrassons des cartons en espérant ne pas avoir à en utiliser de sitôt, et nous quittons l’aéroport. Hélas, les premiers kilomètres dans ce nouveau pays ne sont pas des plus tranquilles, car nous sommes contraints d’emprunter l’autoroute, seul axe routier menant au centre ville… Nous arrivons tant bien que mal à destination, où nous passons la nuit chez Mario, notre hôte Warmshower

La vue depuis chez Mario, qui vit au 15ème étage d’un immeuble au coeur de Santiago.

Dès le lendemain, nous entamons les préparatifs pour notre virée dans la région des observatoires, à environ 600km au nord de Santiago. En effet, avant d’enfourcher nos vélos pour le Sud, nous avons quelques jours à disposition au Chili, le temps que notre quatrième Rider atterrisse à Santiago après son petit break. Nous troquons alors nos vélos contre une voiture de location, qui nous permettra d’atteindre les observatoires au plus vite.

Notre chère voiture de location qui nous permet d’arpenter rapidement et confortablement les routes sinueuses des environs de la vallée de l’Elqui.

Nous nous accoutumons vite aux avantages du voyage en voiture et après seulement quelques heures de route, nous atteignons la vallée de l’Elqui, réputée pour ses cultures de vigne et la pureté des ciels nocturnes. De là, nous arpentons les diverses « Rutas de las Estrellas » qui serpentent dans la région. Nous y découvrons  avec enthousiasme les observatoires internationaux, véritables mastodontes aux sommets des montagnes, et nous délectons des paysages désertiques de cette région, sublimés encore davantage par les couchers de soleil. Haut lieu de l’astronomie, cette région regorge aussi d’observatoires de taille plus modeste, gérés par des amateurs passionnés.

Finalement, notre petit télescope fait souvent pâle figure face à ces géants, mais une fois la nuit tombée, il révèle son plein potentiel et nous permet de découvrir quelques objets fascinants de notre ciel. C’est avec une grande curiosité que nous observons le panorama nocturne de l’hémisphère sud; nous voyons pour la première fois quelques merveilles non accessibles depuis la Suisse. Nous enchaînons alors quelques journées bien rythmées: réveil aux alentours de 9h dans une tente transformée en sauna par le soleil déjà très chaud, petit-déjeuner composé de porridge rendu plus gourmand grâce à l’ajout généreux de fruits, de sucre et de cannelle, puis découverte en voiture de la région et finalement recherche d’un lieu adéquat pour la nuit. La dernière étape quotidienne effectuée, nous montons les tentes et nous nous délectons d’un délicieux mets composé, sans grande surprise, de couscous, de pâtes ou de riz à la sauce tomate. Après le coucher de soleil vient l’heure de partir à la chasse aux nébuleuses avec notre dispositif astrophotographique.

Notre quotidien bien rodé semble inébranlable. Afin de nous isoler un maximum de la pollution lumineuse, nous n’hésitons pas à emprunter des pistes en mauvais état, et ce même si notre voiture n’est pas adaptée à cette pratique. Après trois jours sans encombres, c’est un Maëlick un brin paniqué qui annonce la sentence :

On a crevé !
Quoi ?! répond Antoine, qui a du mal à entendre.
On a CREVÉ !

À l’heure de constater les dégâts, on se dit qu’on aurait peut-être eu meilleur temps de louer un 4×4…

À force de tirer sur la corde, l’inévitable finit par arriver. Nous voilà bloqués au milieu de nulle part, avec une voiture hors d’usage. Heureusement, nous avons traversé le dernier village il y a seulement quelques kilomètres et partons donc à pied à la recherche d’aide pour nous sortir de ce pétrin, tout ceci sous un soleil brûlant. Notre espagnol, en constante progression, nous permet d’expliquer la situation et les habitants locaux se démènent afin de nous aider. C’est avec l’aide de deux d’entre eux que nous montons la roue de secours sur notre véhicule afin de le remettre en état de rouler, avec comme objectif de rejoindre La Serena pour y acheter un nouveau pneu. Cependant, les 80 kilomètres nous séparant de la ville doivent se faire sur une piste très peu fréquentée où aucun signal réseau n’est disponible… une nouvelle crevaison sur ce tronçon pourrait s’avérer plutôt embêtante ! Heureusement, un des villageois nous informe qu’il empruntera cette route plus tard dans la soirée, et donc qu’en cas de soucis, il pourra nous aider. C’est avec une grande prudence que nous rejoignons La Serena, et malgré le soulagement général lors de notre arrivée, nous réalisons vite que la réparation du pneu devra attendre quelque peu. En effet, il est samedi soir et les garages ne rouvrent pas avant lundi matin. Nous en profitons pour entreprendre de nouvelles sessions d’astrophoto dans les environs, en nous contentant cette fois-ci de rester sur des routes asphaltées. 

Lundi matin, nous parvenons à remplacer notre pneu à moindre coût et décidons de changer de décor et de nous mettre en route en direction de la côte pacifique et plus précisément de Pichilemu. Là-bas, nous y retrouvons Bertrand, un ami de nos copains sauratois, qui y vit avec sa compagne Pachy. Le programme est alléchant: session de surf et barbecue nous sont proposés. À peine débarqués dans cette sympathique ville côtière, nous partons à l’assaut des vagues dans une eau bien fraîche ! Nous enfilons nos combinaisons, et après une partie théorique expliquée en espagnol par notre instructeur du jour, nous nous jetons à l’eau. Au bout de trois tentatives, nous sommes déjà tous lessivés : La pratique du surf fait appel à des muscles qui, chez nous, n’existent plus depuis bien longtemps. En effet, trois mois de vélo ont fait migrer les troupes du haut du corps dans les cuisses et les mollets, si bien qu’il nous est difficile de faire preuve d’explosivité au moment de nous hisser sur nos planches. Finalement, nous passons une session tout en détente et en rigolade, chacun réussissant tour à tour à tenir plus ou moins debout sur son surf et offrant quelques belles gamelles pour le plus grand plaisir des camarades. Après tous ces efforts, c’est l’heure du traditionnel asado sud-américain composé de longaniza, costillar et lomo vetado, le tout grillé par Bertrand, le parillero du soir. Nous accompagnons ce bon repas par des boissons typiques chiliennes préparées par Pachy et découvrons alors les Terremotos et le Cola Del Mono

Le lendemain, nous devons rendre notre voiture à Santiago et quittons donc Pichilemu de bonne heure. Toutefois, nous prenons d’ores et déjà rendez-vous avec Bertrand pour un deuxième séjour dans quelques jours, cette fois-ci avec nos vélos et un Rider supplémentaire. A Santiago, nous rendons alors notre véhicule qui n’aura pas été épargnée lors de cette semaine intense et riche en enseignements. En effet, notre visite dans la région des observatoire nous a offert un bon aperçu des difficultés que nous rencontrerons lors de notre passage futur à vélo : pas de réseau, accès à l’eau difficile, chaleur écrasante, pistes en mauvais état… Tous ces éléments devront être gérés avec précaution afin de traverser cette région sans encombres. Un jour plus tard, Léo nous rejoint à Santiago et c’est avec un grand plaisir que nous le retrouvons et lui racontons nos aventures des dernières semaines. Nous prévoyons alors ensemble notre suite de voyage, cette fois-ci en direction du Sud !

5 commentaires sur « Après l’effort, le réconfort ? Premières expériences chiliennes »

  1. Salut Antoine, salut les copains d’Antoine,

    Super de voyager « en votre compagnie ». L’aventure en cours vous réserve son lot de surprises mais ce sont elles qui seront le piment de vos souvenirs. Mais, pas trop n’en faut tout de même !

    Pour l’instant je n’ai pas réussi à visualiser vos photos que je me réjouis de découvrir dès que j’y arriverai.

    A tous mes meilleurs voeux pour l’année qui vient de débuter.

    Au plaisir ….. et cordiales salutations.

    Danièle Forney

    A tout hasard, voeux chaleureux adressés à Olivier Murset par votre intermédiaire

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  2. Salut les jeunes,
    Quel plaisir de vous lire!
    Efforts, réconforts… eh c est que le bonheur de voyager!
    Les petits aleas du voyages, sont vites oubliés et remplacés par les moments de félicité !
    Ce qui me fait plaisir, c est que vous trouvez toujours, une solution !

    Ce soir, j embarque pour l Antartique. Le bateau est au mouillage dans la baye. Au large, ça souffle sec.
    L amarinage, va être brutal!
    Je vous tiens au courant lorsque nous rentrerons.
    En attendant, je vous envoie plein de courage et d amitié.
    Olivier

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