C’est parti !

Comme expliqué dans un billet de blog précédent, nous avons décidé de partir le lundi 16 août en direction de l’Espagne avec nos vélos, avant de prendre un vol Madrid – Amérique du Sud si les différentes restrictions le permettent. Au moment d’enfourcher nos vélos et de quitter la Suisse pour de longs mois, de nombreuses émotions s’entrechoquent ; chaque Rider expose ici comment il a vécu ce moment forcément spécial et haut en couleurs.

Le départ vu par Maxime

Ça y est, c’est le grand jour ! Mes sacoches sont prêtes, elles sont un peu lourdes mais tout tient bien sur le vélo. Je ne me rends vraiment pas compte que je pars pour plusieurs mois ! Juste avant de partir, Sacha me fait la surprise de passer chez moi pour filmer mon départ au drone. Là, ça devient tout de suite plus sérieux.

Pour repousser l’échéance des adieux, mes parents décident de venir avec moi jusqu’à Lausanne. On partage donc ensemble les premiers kilomètres de l’aventure, et ça me fait vraiment plaisir. Ce tronçon, qui m’était devenu presque familier au cours de ces derniers mois, a aujourd’hui une tout autre saveur. Je me demande bien quand je referai cet itinéraire pour la prochaine fois. Arrivés à Lausanne, on prend encore un dernier repas ensemble puis vient le temps de se séparer, non sans émotions. Celles-ci sont partagées entre désir de partir à l’aventure, et sentiment de quitter plein de choses que j’apprécie ici.

Ensuite, je file tout seul la gorge un peu nouée en direction de Vidy, où je retrouve Maëlick et Eugenio, qui vient nous transmettre ses fameuses tasses. A partir de là, on rigole bien sur notre chargement extravagant, et la folie qui nous a pris d’emporter avec nous du matériel astrophotographique. On rigole, on rigole, mais finalement ce sera quand même à nous de trimballer tout cet attirail sur nos vélos. Je ne sais pas combien de temps on va l’avoir avec nous sans encombre, mais en tout cas la motivation est énorme et j’espère vraiment qu’on pourra lier astrophotographie et Amérique du Sud dans notre projet, malgré tous les défis qu’on rencontrera.

Le départ vu par Maëlick

Réveil à 7h30, ce n’est pas encore trop tôt et surtout je me rappelle instantanément tous les derniers préparatifs que je dois faire, ce qui me donne un bon coup de fouet. Douche rapide, petit déj express et on prépare tout le matériel. Avec la préparation des sacoches et toutes les dernières tâches administratives, je ne réalise pas vraiment que je m’engage dans un voyage de 6 à 9 mois. C’est seulement au moment où je dois dire au revoir à ma sœur que tout plein d’émotions s’entremêlent. J’étreins ma sœur fort en espérant au fond de moi la revoir dans quelques mois au Japon et pas en Suisse.

Ensuite je file direction Vevey pour rejoindre la route des vignes. Je suis en retard sur le programme ; je dois rejoindre Antoine à Cully à 11h00 mais heureusement je crois qu’il est encore plus à la bourre que moi. Le temps est agréable pour rouler mais punaise le vélo est lourd… Je n’ai jamais fait cette route aussi lentement. Je commence à me dire que ça va être difficile de transporter tout ce matériel d’astrophotographie.

Finalement, même si je suis en retard, je suis le premier arrivé à Vidy, point de rendez-vous de l’équipe. Sur place, on doit aussi retrouver Eugenio, un astrophysicien qui a découvert notre voyage juste avant de partir et mettra du beurre dans nos épinards. Je suis seul, assis dans la brise du vent sur les pierres froides des escaliers des pyramides de Vidy en train d’attendre tout le monde. Ce n’est pas encore le glamour du voyage que j’attendais et je me réjouis de quitter la Suisse et ces paysages qui me sont si familiers. Dès qu’Eugenio, Maxime et finalement Antoine arrivent, je rigole déjà et l’excitation monte gentiment : c’est un voyage que je ne suis pas près d’oublier. Plus qu’à retrouver Léo à Morges.

Le départ vu par Léo

Ce n’est que le dimanche 15 au soir que la perspective de passer plusieurs mois hors de Suisse sur un vélo me frappe violemment. Jusque-là, tout ce voyage paraissait très lointain et ce n’est qu’au moment où je dis “tu verras, ça va passer vite” à ma compagne Jessica que je me rends compte qu’effectivement, c’est pour de bon.

Les adieux sont difficiles. Je me pose la même question que je rumine depuis bientôt 2 ans : dans quoi est-ce que je m’embarque et ne serais-je pas le plus gros des égoïstes de laisser ma chère et tendre en Suisse, pendant que je m’offre des mois de vacances ?

Une fois le vélo chargé, je retrouve les 3 autres gaillards à Morges, et on roule quelques dizaines de kilomètres jusqu’à notre premier campement. Même si la bonne humeur est de mise, je repense à tous mes proches que je ne verrai plus pendant quelques temps et je ne profite donc pas encore à fond du voyage ; ma selle Brooks non-formée se rappelle d’ailleurs vite à mon bon souvenir. On dit souvent que les premiers mètres sont les plus difficiles ; j’espère que cela se vérifiera aussi pour moi…

Je pense être d’assez loin le plus pantouflard des 4 riders; je dois compter tout au plus 2 semaines de camping sous tente depuis ma naissance et mon principal fait d’arme à vélo reste mon tour du lac de Neuchâtel effectué en 2 jours. Le changement radical de mode de vie qui m’attend pour les prochains mois risque d’être assez violent et c’est avec un mélange d’appréhension, d’excitation et de tristesse que je donne mes premiers coups de pédale !

Le départ vu par Antoine

Lundi matin 6h30, mon réveil sonne : c’est la dernière fois avant longtemps que je l’entends, celui-là. Je prends le petit-déjeuner et file à la douche. Quel plaisir, ce petit filet d’eau qui caresse ma peau. Cette fois-ci également, je me rends compte que je ne suis pas près de reprendre une douche dans de telles conditions.

Je finis de préparer mes affaires, vérifie que je n’ai rien oublié, et là, en jetant un coup d’œil par la fenêtre, je m’aperçois qu’il pleut. Voilà qui vient jeter un coup de froid sur ma préparation qui avançait tambour battant. 15 minutes plus tard l’averse s’estompe et je sors pour enfiler mes sacoches sur mon vélo. Ma maman est là pour me donner un coup de main. Même si au début elle n’était pas enchantée par mon idée de voyage, elle m’a soutenu et encouragé et aujourd’hui encore c’est elle qui prend soin de vérifier que tout soit ok. Je me rends compte à quel point ce moment doit être dur pour elle. Je la prends dans mes bras et soudain j’ai envie de pleurer : elle va me manquer. Finalement, je finis de tout fixer sur mon vélo, et c’est le cœur lourd mais l’âme en paix que je donne mes premiers coups de pédale.

À peine 100m d’effectués que mon dérailleur déconne. Impossible de changer les vitesses. Je m’arrête, retends le câble, ce n’est pas parfait mais ça fait l’affaire. Je reprends ma route un peu en retard et mets les bouchées doubles pour être à l’heure au rendez-vous avec les autres. En chemin je rencontre la pluie, puis du beau puis à nouveau la pluie ; cette météo maussade qui nous aura pourri l’été ne va pas me manquer. Finalement, les kilomètres défilent et je prends plaisir à rouler une dernière fois sur les routes de nos régions. J’arrive à Lausanne avec un peu de retard, tant pis.  Désormais plus d’horaire, plus de contrainte spatiale ni de timing à respecter, je commence à me sentir libre et me réjouis de découvrir comment je vais évoluer durant les prochains mois !

11 commentaires sur « C’est parti ! »

  1. Oh Antoine… Et dire que le jour précédant ton départ tu me sauves! Si j avais su que c’était un ‘au revoir dans très longtemps…..’!!!!!
    Je vous accompagne et garde les pupilles immensément ouvertes sur l’Univers que vous allez nous donner à voir. Marie-Jeanne

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    1. Salut Marie-Jeanne,
      Ca nous fait très plaisir que tu nous suives avec tant d’enthousiasme ! Au plaisir de te revoir à mon retour 😉
      Antoine

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  2. Merci de nous partager votre périple ! Vos textes et vos photos sont merveilleux ! Je vous souhaite le meilleur pour cette magnifique aventure ! … Merci de continuer à nous faire voyager et rêver avec vous… Bisous ! Vilma

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    1. Merci à toi pour tes encouragements, on espère que les articles suivants continueront à te plaire 😉
      Gros bisous,
      Antoine et les 3 autres Riders

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  3. Vos témoignages m’ont beaucoup touchée. Un départ c’est toujours à la fois beau et terrifiant. Je vous souhaite les plus belles aventures. Je vous suis toujours avec grand plaisir.

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    1. On les a traînés jusque de l’autre côté des Pyrénées et ça nous a même fait éclater une roue !
      Mais aucun regret, on en redemande des pâtisseries comme ça 😉

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  4. Génial !! Bravo pour ce départ! C’est top de vous lire, on est déjà en voyage avec vous sur votre selle avec ces quelques lignes, les yeux brillent et c’est le sourire aux lèvres qu’on lit certaines de vos anecdotes! Merci!!
    Bonne route!!
    L’équipe de Festivélo

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    1. Hello Julie et toute l’équipe de Festivélo !
      C’est chouette que les articles vous plaisent 😉 On continuera d’alimenter le blog et on se réjouit d’ores et déjà de pouvoir partager quelques moments de rigolade et des belles photos du Chili !
      Hasta luego,
      Les 4 Riders

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